Une cité cosmopolite

L’express IX

De nombreuses nationalités sont présentes dans le grand Nancy, et les communautés sont actives. Tour d’horizon.

Vieille terre d’immigration, Nancy la Lorraine a absorbé des alsaciens, des mosellans, des Italiens, des polonais… dans sa population actuelle, toutes les régions françaises sont représentées. « Il ne manque pas un seul département », précise amusé Francis Hess,  directeur d’étude à l’agence de développement urbanisme (Aduan). Si les migrants d’Europe de l’Est continue d’affluer, on compte également une trentaine de sujets nippons- dont une moitié d’étudiants et beaucoup de femmes mariées aux Nancéiens, qui propose des cours de japonais ou d’ikebana (décoration florale) et négocient  l’ouverture d’un stand traiteur au marché… et même une poignée de néozélandais unis autour de leur club de foot maori !

 

Sans surprise l’Afrique noire et le Maghreb composent les plus fortes communautés. Impossible d’avancer un chiffre  précis. Mais il suffit de fréquenter le marché de Vandoeuvre (forte de 98 nationalités), le dimanche matin, ou d’arpenter la rue Saint Nicolas pour prendre un bain dépaysant.C’est là que vous trouvez bannes plantains et patates douce, gombos et viandes séchés » précise le journaliste Rémy Nelson, auteur d’un savoureux Mirabelles et piments (1) dans lequel il dresse le portrait de quarante Africain de Nancy. L’immigration Africaine est ancienne, précise cet ancien Bordelais devenu Nancéien de cœurs. Des sénégalais travaillaient déjà dans des usines de textiles des Vosges. Leurs descends ont fait source et se retrouvent aujourd’hui dans toutes les professions.

 

« Les aider revient aussi à mieux les intégrer »

 

La communauté, riche d’environ 8000 personnes, compte quelques stars parmi lesquelles la chanteuse Aissatte, issue d’une famille  peule, et Rose Faye, qui lance ces jours ci ses marques de parfums et de cosmétiques (Fayerose et Rosaluxe). Née à Yenguélé, cette « sénégalorraine » de 31 ans songe à faire profiter son village de 1300 habitants de son succès, en y construisant école et médiathèque. Le genre de projets qui pourrait séduire Lucienne Redercher, adjointe (MoDem) d’André Rossinot, chargé de la solidarité internationale et de l’intégration mais aussi de la lutte contre les discriminations et la mémoire (intitulé unique en France !) : «  ces initiatives sont potées par des personnes originaire de ces pays. Les aider revient aussi à mieux les intégrer », explique l’élue qui vient en aide aux nombreuses associations qui œuvrent  pour soutenir les enfants des rues au Pérou, encourager la plantation de jardin au Mali ou  la construction  de fermes avicoles…

 

Plusieurs manifestations rythment la vie des communautés : la commémoration de la fin de l’esclavage, la journée de l’Afrique, le festive et colorée, ou encore le marché du monde solidaire, organisé au conseil général de Meurthe-et Moselle. Autre moment fort : le grand banquet républicain, donné cette année le 13 juillet au soir au haut du lièvre. « Nous avons dressé une table de 1 kilomètre de longueur avenue pinchard, toute fleurie et nappée de blanc, se souvient l’adjointe  Dominique Herman, déléguée du quartier. Les enfants couraient partout. Le succès a été total. » Respect ! M.S