Le luxe éclot chez Rose

Son carnet de rendez vous déborde, sa boite mail, aussi et son portable bipe en permanence. C’est l’effervescence dans l’appartement de Rose FAYE, place de la commanderie. En décembre , la jeune Sénégalaise installée depuis 10 ans à Nancy  lance sa marque Fayerose : deux parfums et laits corporels « union sacrée » pour homme et femme, élaborés à Grasse . En janvier, elle poursuit avec une ligne de cosmétiques haut de gamme « Rosalux » destinée aux peaux noires, métissées et asiatiques  à base de karité de  bergamote. Des produits distribués au printemps à Nancy, mais aussi à Paris, Tokyo, Dakar, Washington, et en Amérique du sud…

« Je suis confiante », sourit la jeune femme de 31ans. « Pour ce créneau, il n’y a aucune marque française, pourtant gage de qualité. La plupart des produits viennent des USA. Je vais pouvoir inonder le marcher ! »

 

Parmi les 6 femmes qui font bouger la Lorraine en 2011

 

Depuis 3 semaines, plusieurs financeurs la contatent sans qu’elle leur demande. « Après m’avoir refusé un crédit, ils se rendent compte tout à coup que mon projet est rentable… » Et Rose Faye a été sélectionnée au trophée LCL 2011  des six femmes qui font bouger la Lorraine, dont l’action est particulièrement remarquable cette  année. « C’est une super-reconnaissance surtout que je démarre à peine. Ce trophée est plutôt décerné à  des femmes en fin de carrière ! »

 

Son projet, Rose sait depuis longtemps qu’il tient la route. Elle l’a rêvé. A 7 ans son oncle quelle admire rentre des USA avec un Pierre Cardin « j’ai cru qu’il avait changé de nom, parce que sur nos sacs d’école au Sénégal, on inscrit nos noms. il m’a expliqué que c’était la marque d’un grand créateur de luxe français. J’ai répondu : moi aussi quand je serai grande je vendrai mon nom à l’international.

 

L’ambitieuse petite Rose  travaille alors dur à l’école, intègre l’élite féminine des 25 meilleurs élèves du Sénégal de la 6e à la terminale. Puis grâce à une bourse d’études de son pays, vient suivre une licence d’anglais et russe en langues étrangères appliquées en fac d’étude, elle choisit le service export de lorraine cosmétiques à Lunéville, qui fabrique et conditionne des marques prestigieuses de parfums et soins. Elle y co-organise des salons de beauté à Paris, Monaco, Los Angeles, Amsterdam…..le patron lui promet de l’aider si elle décide de lancer sa marque. « J’ai alors sérieusement réfléchit à mon produit mais aussi à une formation pour bien vendre. »

 

Rose Faye travaille ensuite 4 ans à plein- temps chez Darty pour se payer des études et décroche un diplôme à l’institut commercial de Nancy (ICN)

 

Un master en business du luxe et de la mode à Paris … En juillet 2010, crée en autofinancement la société Fayerose. Prend un bureau dans la capitale, adresse qui fuguera sur ses flacons de parfums de produits « parce que le luxe, c’est Paris…»

 

Mais Rose n’en oublie pas pourtant ses racines. « Je sais ce  qu’est la pauvreté et j’ai envie d’aider mon pays » assure la jeune « sénégalorraine ». Si le 18 novembre elle remporte le trophée LCL 2011, Rose Faye enverra la prime de 10.000 € à Yenguélé le village de 1.295 habitants où elle a grandi, pour construire une école et une médiathèque. « Parce que l’éducation et la culture, c’est le luxe suprême »

C.B.-L